Feminales
Elles apparaissent comme des songes, diaphanes,
gracieuses, alanguies.
Leur peau, leur chevelure, leurs vêtements affleurent la toile,
enchâssée dans l’écrin soyeux des fleurs.
Parfois un chat, un cheval les veille, parfois un oiseau se perche
sur leur épaule ou se niche dans les tréfonds vertigineux
des couleurs.
Qu’elles soient enfermées dans leurs cages dorées,
livrées à l’abandon ou perdu dans leurs rêves,
elles nous invitent dans un univers de chuchotements, de froissements,
de troubles secrets.
Parfois aussi se présente un page, un clown, un arlequin,
comme fourvoyé, en réalité complice.
Filles-fleurs, femmes d’Orient ou d’ailleurs, elles
nous emmènent par delà les siècles passés,
plus loin que Venise et Florence, elles nous plongent dans les mythes
plus vieux que le temps, dans la nostalgie des origines, d’autant
plus obsédantes qu’insinuées, suggérées,
restituées à la vie par la magie du souffle, de l’inspiration.
Merci à Françoise de les avoir
ressuscitées.
Pierre Bordage
Conteur de grandes épopées
mythologiques, métaphysiques et profondément humanistes.
(Le cycle des guerriers du silence Wang, L’évangile
du serpent…)
Prix Paul Feval en 1999.